La Bipolarité

Qu'est-ce que la Bipolarité?

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Le trouble bipolaire se caractérise par la survenue périodique de phases maniaques (excitation euphorique) ou dépressives, séparées par des intervalles plus ou moins longs. Si tout un chacun expérimente une humeur fluctuante selon les circonstances de la vie, la bipolarité présente une rupture en terme d’intensité et de fréquence.

Là où les variations de l’humeur peuvent s’objectiver chez l’individu sain, la personne atteinte de troubles bipolaires souffre de troubles thymiques qui sont hors proportion avec les évènements. Le bipolaire ne se rend plus compte de son humeur exubérante dans les phases « up » ou est paralysé dans les phases « down ». Au sens étymologique le bipolaire est extatique : c’est-à-dire qu’il se tient en dehors de lui-même.

Face émergée de l’iceberg : c’est tout le fonctionnement social du sujet qui se trouve déstabilisé : perte d’emploi, rupture conjugale, achats compulsifs, tentatives de suicides.

Face immergée : le sujet souffrant de bipolarité est en proie à des mouvements psychiques violents et graves sur lesquels, au départ, il n’a pas de prise. D’où la nécessité d’une prise en charge précoce et d’une expertise psychiatrique.

A noter que les premiers symptômes se déclenchent généralement entre l'âge de 15 et 25 ans. Par contre, les symptômes plus graves apparaissent habituellement vers l'âge de trente ans.

Force est de constater que les causes de cette maladie sont encore peu connues mais que certains « terrains » prédisposent (facteur génétique, personnes soumises au stress, consommateurs de drogues). Autant d'hommes que de femmes sont atteints par les troubles bipolaires.

 

 

Symptômes du trouble Bipolaire

Phase « up » : un comportement manique ou hypomaniaque.

Il ne s’agit pas là du comportement de quelqu’un d’entreprenant et de sûr de lui. La personne bipolaire en phase maniaque n’a pas de distance et de contrôle sur elle-même. C’est l’incarnation du surhomme nietzschéen.  A noter que c’est essentiellement en phase maniaque que les professionnels de santé sont amenés à rencontrer une personne bipolaire. En effet c’est à ce moment là que l’entourage du patient se rend à l’évidence que quelque chose ne va pas.

Les principaux symptômes  de la phase maniaque bipolaire sont :

  • Une exaltation de l’humeur : absence d’inhibition ou de tact, imperméabilité à la critique, extrême confiance dans ses pouvoirs et ses charmes, idées mégalomaniaques, irritabilité et colère
  • Accélération de la pensée : phrasé rapide des pensées qui se bousculent, passe du coq-à-l’âne jusqu’à l’incohérence, désintérêt pour ce que pense l’autre de son discours
  • Hyperactivité motrice : sensation de « carburer à 200 à l’heure », absence de fatigue malgré l’absence de sommeil, volonté de mener plusieurs projets à la fois et en même temps, fort désir sexuel dans un moment d’altération du jugement du jugement, idées paranoïaques et conduites à risque.

Phase « down » : C’est une phase dépressive sévère.

Elle aussi est à risque dans la mesure où le risque suicidaire est particulièrement présent.


Les symptômes principaux de la phase dépressive bipolaire sont :

  • Tristesse de l’humeur : la personne voit tout en noir, se culpabilise et même s’accable. Elle n’a plus goût à rien, se dévalorise. Elle peut développer une forte hypocondrie (se croire atteinte d’une maladie incurable)
  • Ralentissement de la pensée : Dit ne « penser à rien » ou ne pas « trouver les mots ». Parle par monosyllabe. Ses capacités cognitives sont altérées : perte des capacités d’attention et de concentration
  • Ralentissement moteur : Chaque acte banal du quotidien demande un effort. Isolement social. Perte d’énergie où le sujet peut virer dans la catatonie et le mutisme. Envahissement d’idées pessimistes et suicidaires.

Les différentes formes de la bipolarité

La bipolarité de type 1

Cette forme se caractérise par une alternance de phases maniaques et dépressives entrecoupées d’intervalles libres. C’est la forme typique.

La bipolarité de type 2

Ce type de bipolarité est diagnostiqué lorsque le sujet expérimente l’alternance de phases dépressives et hypomaniaques entrecoupées d’intervalles libres. A noter que l’hypomanie est la forme atténue de la manie.

La bipolarité de type 3 ou bipolarité à expression mixte

Elle regroupe en gros deux sous types : les personnes ne présentant que des épisodes maniaques ou hypomaniaques induits par des traitements antidépresseurs d’une part ; et d’autre part ceux ne présentant que des épisodes dépressifs mais associés à des antécédents familiaux de trouble bipolaire.

Les phases peuvent s’enchaîner de différentes façons :

(Hypo-)manie - dépression - intervalle libre : Séquence classique dans les troubles bipolaires de type I ou II

Dépression - (hypo)manie - intervalle libre : Séquence favorisée par la prise d’antidépresseurs provoquant un virage de l‘humeur.

Circulaire : Les phases s’enchaînent sans intervalle libre.

Indéterminée : La périodicité est indéterminée, les enchaînements sont imprévisibles.

La triade gagnante : traitement médicamenteux, éducation thérapeutique et psychothérapie.

Nous avons insisté sur la gravité du trouble bipolaire. Ce n’est pas pour rien si, récemment encore, le savoir psychiatrique appelait la bipolarité « psychose maniaco-dépressive ».

C’est pourquoi, plus que pour tous autres troubles psychiques, la bipolarité nécessite une prise en charge pluridisciplinaire.

La première des choses à faire est d’obtenir un diagnostic psychiatrique. De là un traitement médicamenteux sera mis en place avec un suivi sur le long terme afin d’adapter au mieux les molécules et les posologies. En effet, un patient bipolaire n’aura pas le même traitement qu’un patient en dépression. Par exemple il est avéré que les antidépresseurs administrés seuls provoquaient l’apparition rapide d’un épisode maniaque chez le patient bipolaire. Dans le processus du diagnostic de cette maladie, il sera important de ne pas tenir compte seulement de l’état clinique au moment de la consultation. Un historique des états antérieurs et génétique est nécessaire.

En tout état de cause, il sera demandé à la personne atteinte de maladie bipolaire d’avoir un suivi médical lorsqu’il souhaite entreprendre une psychothérapie en libérale. Car la bipolarité est l’exemple typique de la nécessité pour les professionnels de santé de travailler en complémentarité, selon leurs compétences propres. 

Le deuxième repère : l’éducation thérapeutique ou psychoéducation.

L’enjeu est de développer des stratégies d'adaptation ou de prévenir les épisodes de manie en régulant le sommeil, l'alimentation et la pratique d'activités physiques. Il s’agit pour les personnes bipolaires et pour leurs entourages d’apprendre à connaître cette maladie encore méconnue. Le but est de mettre en place une "routine", une hygiène de vie qui stabilise. Très important également : apprendre à reconnaître les signes avant-coureurs des crises.

Il existe des groupes de parole pour les patients bipolaires et leurs familles qui peuvent se révéler être une aide utile.

3ème étage de l’édifice : le travail psychothérapeutique

A quoi sert une psychothérapie pour un patient Bipolaire?

Comme pour toutes les psychothérapies d’orientation analytique, l’enjeu sera d’être à l’écoute du vécu singulier du patient atteint de bipolarité. Au-delà du diagnostic il y a un sujet parlant avec son histoire, ses deuils et ses rêves.

Ecoutons un patient : «  Ce qui a été le plus dur pour moi c’est que, en phase maniaque, j’étais l’homme que j’avais toujours voulu être : sûr de lui, avenant, performant. Mon boss m’adorait dans ses moments là. Il me disait que j’incarnais les valeurs de la boîte : exigence, performance, dévouement.
 Au début même ma femme était soulagée. Elle me disait qu’elle me « retrouvait », que les mois de déprimes qui précédaient c’était « vraiment pas moi ».

Une partie importante de la thérapie de ce patient s’est donc concentrée sur ce processus de deuil de « l’homme idéal en phase maniaque ». Et sur la dynamique d’acceptation que, dans les phases de dépression, c’était « aussi lui » au sens où quelque chose d’important venait se dire dans la dépression (en l’occurrence la question du rapport à un père tout-puissant que rien ne pouvait satisfaire).

Pour consulter les prises en charge adulte.

Pour prendre RDV, Etienne Duménil, psychologue 95 et psychologue Paris 9ème