La Dépression chez l'Adulte

Qu'est-ce qu'une dépression? La dépression est une expérience existentielle.

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"Coup de fatigue", "déprime", "mal-être", "mauvaise passe" : c'est souvent par ces paroles que débutent la psychothérapie des patients adultes qui viennent au cabinet.

Puis assez rapidement les choses se précisent et vient la question : "pensez-vous que je sois en dépression?"

Force est de constater que dans notre monde moderne normé et basé sur la performance, être en dépression équivaut à la sentence ultime. En effet qui voudrait vivre à côté de quelqu'un de triste, qui pleure souvent et qui n'a plus d'envies? Dès lors la dépression doit être traitée là où elle est handicapante c'est-à-dire au niveau des symptômes comportementaux.

Mais suffit-il de dire à une personne déprimée : "quand on veut on peut"? Le coeur de l'expérience existentielle qu'est la dépression gagne t-elle à être circonscrite à un défaut d'adaptation, de volonté et de créativité?

Notre expérience clinique de conduite de psychothérapies auprès de personnes souffrant de dépression nous conduit à nous inscrire en faux contre cette conception utilitariste de la dépression. Au contraire, pour qui s'intéresse à la dépréssion du point de vue de la subjectivité, cette expérience ne se limite pas aux seuls symptômes. La dépression induit une modification globale de "l'être-au-monde" de la personne qui, dès lors, se trouve sommée de répondre de façon personnelle à la question du sens de la vie. Pour le dire autrement, l'expérience de la dépression conduit le sujet à prendre conscience qu'il ne peut devenir que lui-même; qu'il n'est pas le tout du monde mais que ce "presque rien de notre être" mérite tout notre amour. C'est donc à un changement de paradigme que nous invite la dépression : plutôt que de s'occuper de répondre au désir de l'autre, trouver les voies d'expression de son propre désir.

Car si la dépression est une maladie psychique identifiée, le paradoxe est qu'elle regroupe des "impressions" qui, prisent isolément, ne sont pas pathologiques : sentiment de solitude et d'abandon, de vide, d'immobilité, nuits sans rêves.

Deux signes prégnants méritent d'être isolés : la perte de l'élan vital et le gel des affects. Ainsi quand la plainte arrive à se dire, elle est pauvre, répétitive, comme éloignée de la parole pour signifier une disparission en cours. Et les affects se trouvent gêlés : telle personne voudrait pleurer mais n'y arrive pas, telle autre dira "ne pas savoir" ou "penser à rien".

Et parfois le plus dur à vivre avec ces "figures dépressives", c'est qu'elles ont pour effet de créer un sentiment d'illégitimité. Nous touchons là au scandale de la névrose : "j'ai tout pour être heureux et pourtant quelque chose tourne mal dans ma vie, dans mon corps, dans mes pensées". Comme si, malgré tout, Quelque chose se devait de rester inchangé, Quelque chose d'un temps qui ne passe pas pour un sujet qui témoigne de l'urgence d'être compris à défaut d'être entendu. Une installation dans un hors-temps comme pour combler Quelque chose d'un état de non-être. 

Résumons le scandale dépressif avec les mots d'une patiente : "je voudrais bouger, changer, mais je n'y arrive pas. C'est comme si quelque chose au fond de moi disait à tout mon être : surtoût ne bouge pas, tu souffres mais cette immobilité te protège contre une angoisse d'effondrement bien plus douloureuse encore".

A quoi sert une psychothérapie pour une personne en dépression?

Il revient au travail analytique de donner forme, corps et sens à ce quelque chose qui se vit dans la douleur mais qui ne se dit pas encore.

"Je voudrais avoir le droit d'être sans avoir à exister" ajoutait cette une patiente.

Il revient donc au psychologue clinicien de mobiliser en lui une capacité métaphorique importante afin de créer chez le patient les conditions du rassemblement psychique. Car seule cette capacité créative sera à même de relancer chez l'être déprimé un mouvement de vie. Il s'agit donc de créer un cadre stable, suffisamment rassurant et en perpétuel réinvention pour permettre au patient "d’exister en continu". Le paradigme serait alors celui de la digestion : prendre son temps pour pouvoir réanimer le vivant gêlé en soi et pouvoir se réapproprier cette expérience subjective fondamentale de perte, de deuil, de séparation.

Pour aller plus loin, notre exposé s'est appuyé sur le livre fondateur, au titre provocateur, de Pierre Fédida intitulé les bienfaits de la dépression.

Enfin il reviendra au thérapeute de mobiliser ses compétences théorico-cliniques afin de bien différencier une dépression d'une phase dépressive inscrite dans un trouble bipolaire.

 Pour voir les prises en charge de l'adulte.

Pour prendre RDV, Etienne Duménil, psychologue 95 et psychologue Paris 9ème